Rechercher sur le Site

La loi Blanquer impose l’école du socle !
Publié le 6 février 2019 | snudi fo 68

JM Blanquer était favorable à l’école du socle ; c’est par un amendement qu’elle apparaît sous le nom "établissements publics des savoirs fondamentaux". Quel est le contenu de cet amendement ? Quels risques pour les enseignants ?

Un amendement inattendu

L’amendement adopté le 30 janvier établit que :
"les établissements publics des savoirs fondamentaux sont constitués de classes du premier degré et du premier cycle du second degré. Ils regroupent les classes d’un collège et d’une ou plusieurs écoles situées dans le même bassin de vie.

Ces établissements sont créés par arrêté du représentant de l’État dans le département sur proposition conjointe du département et des communes ou établissements publics de coopération intercommunale de rattachement du collège et des écoles concernés, après conclusion d’une convention entre ces collectivités.

L’établissement public des savoirs fondamentaux est dirigé par un chef d’établissement qui exerce les compétences attribuées au chef d’établissement. Un directeur-adjoint exerce, sous son autorité, les compétences attribuées au directeur d’école par l’article L. 411‑1 et assure la coordination entre le premier degré et le second degré ainsi que le suivi pédagogique des élèves et anime le conseil des maitres".

L’établissement a un conseil d’administration où des professeurs des écoles siègent.

L’amendement prévoit même l’application de la législation spéciale des enseignants du 1er degré en cas de grève.

Pour info sur la situation actuelle :

Dans le second degré
Si vous avez l’intention de faire grève, vous n’avez en aucun cas d’obligation à vous déclarer gréviste et sous aucun délai.

Par conséquent, en fonction de votre choix, vous pouvez vous déclarer gréviste, une semaine à l’avance, 48h, 24h ou pas du tout (y compris le jour même de la grève). C’est à l’administration de faire la preuve de votre absence.

Dans le premier degré
Depuis 2008/20099 et l’instauration du « Service Minimum d’Accueil » (SMA), obligation est faite pour chaque enseignant de déclarer son intention de prendre part à la grève au moins quarante-huit heures comprenant au moins un jour ouvré avant de participer à la grève.

La charge du service d’accueil, dans les écoles publiques, normalement assurée par l’État, mais lorsque le taux de grévistes est important (plus de 25% du nombre des enseignants de l’établissement), elle incombe à la commune.

L’alignement du secondaire sur le primaire supposerait donc une restriction au droit de grève, identique à celle du 1er degré et tout aussi abusive ! Un bel exemple d’alignement vers le bas !

Ce qui est mis en avant par le texte :

· Faciliter le parcours et le suivi individuel des élèves de la petite section à la troisième. De très petites écoles (la moitié des 45000 écoles de France comptent moins de 4 classes) pourront bénéficier de certains projets pédagogiques et de collaborations entre enseignants de cycles différents.

· Les tâches qui incombent aux directeurs d’écoles, sans aide administrative et avec très peu de décharges dans les petites écoles, pourraient ainsi être réparties entre le directeur-adjoint et l’équipe administrative du collège

Mais ne nous trompons pas, ce sont essentiellement les avantages gestionnaires qui sont attendus de ce type d’école mais aussi la redéfinition des services des enseignants.

Quant au regroupement physique des élèves dans un même lieu, cela condamnerait beaucoup d’enfants à des trajets encore plus longs pour aller à l’école.

Constat :

On voit bien les économies de personnel qui sont attendues par l’éducation nationale et celles de locaux pour les budgets communaux.

On peut aussi s’interroger sur les missions du directeur et notamment sur ses tâches quotidiennes :

  • Qui appellera les parents des enfants absents ?
  • Qui répondra au téléphone ?
  • Quel degré d’autonomie pour le premier degré dans ses choix ? (achats de livres, de matériel, sorties scolaires, projets ….)
  • Qui pointera les commandes de fournitures ?
  • Qui s’occupera de pointer les règlements des photos de classe ?
  • La gestionnaire du collège va-t-elle se déplacer dans les écoles ?
  • Qui s’occupera de vérifier et compléter la pharmacie ?
  • Qui ira chercher le courrier chaque jour ?
  • Quel interlocuteur pour chaque commune ?
  • Qui va s’occuper de la sécurité de l’école ?
  • Les parents devront-ils se déplacer au collège pour rencontrer le chef d’établissement ?
  • Quid des missions du « directeur-adjoint » et notamment de ses missions de coordination entre le 1er et le second degré, de sa rémunération, de ses responsabilités…. ?
  • Quid des réunions supplémentaires entre l’école et le collège ?
    …..
    Une chose est sûre :
    Aucune consultation de l’éducation nationale n’est prévue, à aucun niveau pour ouvrir ces établissements, ni le CA du collège, ni le conseil des maîtres, ni même le Dasen.
cale




CTSD du 5 juin

Lors du CTSD du 5 juin, le SNUDI FO68 a pris la parole pour vous.
Voir en pièce-jointe la déclaration liminaire.


SPIP 3.2.7 [24473] habillé par le Snudi Fo