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Elèves et enseignants, tous perdants !
Publié le 30 janvier 2019 | snudi fo 68

Qui peut encore douter qu’au prétexte de réduire les inégalités, c’est tout le contraire qui se profile !
Pour les enseignants du premier degré qui sont confrontés chaque jour à des situations de classe difficiles voire épuisantes (classes surchargées, comportements inadaptés mais tolérés sous prétexte de bienveillance, inclusion scolaire à marche forcée), la Commission de l’Education à l’Assemblée a purement rejeté les articles 1et 2 de la loi le 23 janvier 2019 et a modifié l’article 5 (cf. rapport en pièce jointe pages 11, 13, 23 et 37) dans la proposition de loi sur l’école inclusive.

L’article 1 prévoyait l’affectation garantie d’un accompagnateur auprès des élèves handicapés.

L’article 2 prévoyait quant à lui un statut pour les AESH. Il est lui aussi refusé.

L’article 5 fixait un maximum d’élèves par classe dans les classes où sont accueillis des enfants handicapés et une majoration de la DHG (dotation horaire globale) : il subit le même sort.

Après avoir détricoté les RASED, réduit les établissements spécialisés et imposé aux PE de prendre en charge ce qui relevait autrefois de moyens spécifiques, le résultat est aujourd’hui sans appel : LE COMPTE N’Y EST PAS et TOUT LE MONDE EST PERDANT sauf le budget qui est sauf !

Voici le préambule du rapport qui concerne la loi de 2013 sur l’inclusion scolaire.

La loi du 8 juillet 2013 d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République (1) a consacré la notion d’« inclusion scolaire » (2) des élèves en situation de handicap, en gravant, dans le marbre de l’article L. 111-1 du code de l’éducation, le principe selon lequel le service public de l’éducation « veille à l’inclusion scolaire de tous les enfants, sans aucune distinction ».
[…]
Cependant, sans faire le procès d’aucun Gouvernement ni d’aucune majorité, force est de constater aujourd’hui qu’il reste une conséquente marge de progrès en matière d’accueil des quelque 341 500 élèves en situation de handicap qui, d’après le ministre de l’Éducation nationale et de la jeunesse, M. Jean-Michel Blanquer, étaient scolarisés en milieu ordinaire à la rentrée 2018 (6), ainsi qu’en matière d’accompagnement de la moitié de ces élèves qui bénéficie d’une aide humaine (1).

Un certain nombre de « ratés » ont été dénoncés par le Défenseur des droits, M. Jacques Toubon, qui, en 2016, a jugé la situation des enfants handicapés en France « préoccupante », expliquant que « l’accès à l’école pour ces enfants comporte encore de réels obstacles : en matière de transport, d’accompagnement humain, de matériel, d’accessibilité » (2).

Est-ce cela l’égalité pour tous ?

Le SNUDI FO constate une fois de plus que pour passer des réformes régressives, les ministres de l’éducation qui se succèdent procèdent par étape en prenant l’opinion à témoin et en faisant un procès d’intention aux enseignants lorsqu’ils témoignent de leurs difficultés à appliquer seuls les grands principes « humanistes » d’une société plus juste !

Les contraintes budgétaires imposées aux services publics se moquent bien de l’humain.

Quand la théorie peut tout, la réalité a ses limites et aujourd’hui nous, enseignants du primaire, nous les avons atteintes !

Pour le SNUDI FO chacun doit reprendre la parole et témoigner pour faire remonter à notre ministre et à l’opinion la souffrance du terrain (élèves et adultes) via notre syndicat.

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