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Dans la novlangue « On vous fait confiance », signifie en fait « Débrouillez-vous » !
Publié le 19 mai 2020 | snudi fo 68

A l’hôpital, c’est grâce à l’ingéniosité des équipes et au système D que les patients atteints du covid-19 et les autres ont pu être pris en charge malgré des conditions rendues extrêmement difficiles pour les praticiens du fait de la réduction de lits, de personnel et la fermeture d’hôpitaux imposées par l’Etat ces dernières années.

A l’école, c’est grâce au professionnalisme des enseignants et aux directeurs que le télétravail a pu « fonctionner » et la reprise a pu s’opérer en dépit de protocoles sanitaires totalement hors sol pour qui connaît le métier et le pratique au quotidien !

Preuve en est que le « Débrouillez-vous » fonctionne mieux que les directives verticales et budgétaires incompatibles avec la réalité du terrain, mais dans quelles conditions ?!
Pour autant, ce « Débrouillez-vous » est temporaire et dans le post-confinement on voit se dessiner des contours conservateurs véhiculés par l’usage de plus en plus « courant » du mot DOCTRINE sanitaire

(1er Ministre mais aussi Ministre de l’EN, Recteurs, DASEN et IEN pour ce qui concerne l’école) !

Ce mot à lui seul contient les prémices d’un durcissement sans pareil dans les injonctions qui contredisent le « On vous fait confiance » …

· Ainsi, dans le 1er degré, les directeurs d’école pourraient devenir des supérieurs hiérarchiques (voir communiqué du SNUDI FO en pj) en étant recrutés pour exercer cette fonction spécifique et imposer aux équipes les préconisations doctrinales du Ministre de l’EN en relation avec l’autorité des maires ? ! (cf. lettre ouverte de FGF FO adressée au Président de la République sur la décentralisation)

· A noter également que des hauts fonctionnaires se sont émus de cette dérive autoritaire en publiant une tribune !

https://www.politis.fr/articles/2020/05/nous-ne-pouvons-plus-nous-taire-les-temoignages-de-hauts-fonctionnaires-de-leducation-nationale-41892/

Au fil des semaines…

· PRÊTS ?

Le ministre assume la malheureuse formule "nous sommes prêts" lancée 24 heures avant l’effondrement des services numériques de son ministère.
Contrairement à ce qu’il a affirmé, rien n’avait été prévu ni préparé ; et la « continuité pédagogique » n’était au départ qu’un slogan censé galvaniser les « troupes » et rassurer les familles : les enseignants ont utilisé leurs propres équipements téléphoniques et informatiques, tout comme les abonnements payés de leur poche.
Et même si le CNED avait des classes virtuelles dans ses cartons, les enseignants n’ont pas été formés ni entrainés à utiliser ces outils, et les élèves encore moins.
Sans nier l’apport du télé-enseignement en termes de lien école/élève/parents, et en termes de renforcement des acquis…pour ceux qui y avait accès…
le télé-enseignement a été chronophage et épuisant pour les enseignants.

Aujourd’hui, la reprise se joue dans le primaire : "Les enjeux économiques sont des enjeux sociaux. On ne doit pas opposer cela", dixit JM Blanquer ou plutôt devrait-on dire ; les enjeux économiques pilotent les enjeux sociaux …et leurs déclinaisons sanitaires.

· La reprise  : Des directives fluctuantes, oublieuses, versatiles …mais toujours assénées !

- « C’est ce qu’a dit » la Société de pédiatrie française. « Il y a plus de risque à rester chez soi que d’aller à l’école » a déclaré JM Blanquer sur Europe 1 le 11 mai.
Le ministre a ajouté « qu’il y a un risque quand vous allez dans la rue ». Il a aussi estimé qu’attendre septembre n’aurait pas été plus sécure.
« Il y aurait eu des phénomènes de sorties des enfants comparables et les dégâts sociaux et sanitaires auraient été plus importants. »
Pourtant le ministre est moins sûr de lui quand il s’agit des garanties sanitaires. Quand on l’interroge sur l’irrespect de la consigne de fermeture préconisée
par le conseil scientifique et sur la sécurité sanitaire des professeurs et des élèves,
JM Blanquer cherche encore certaines réponses...

Rappel : une maladie inflammatoire associée au covid-19 toucherait actuellement 135 enfants en France alors qu’ils n’étaient qu’une vingtaine il y a 15 jours !
La multiplication de cas dans le monde est inquiétante !
La déclaration du Ministre de l’EN semble bien déplacée dans ce contexte particulier…

- Les tests ?

Ne pas tester les enseignants pour "ne pas gâcher"
Pourquoi les enseignants ne sont-ils pas testés comme dans les autres pays ?
« il n’y a pas pénurie de tests mais il ne faut pas les gâcher », répond le ministre. Sur le suivi médical des professeurs, il reconnait que « la médecine de prévention
n’est pas un point fort de l’Éducation nationale »
(c’est un euphémisme !) mais « travaille avec les mutuelles pour accueillir les personnels ».
Sur le gel et les lingettes, JM Blanquer « aborde ce sujet avec les communes ». Il « pense que les stocks ont pu se préparer ».
Rassurés ?

- Les masques ?

Les projets des 1er et 2d degré mentionnaient la distribution des masques au personnel le 11 mai. La date a été retirée, ce qui n’est pas fait pour rassurer les enseignants, même s’il ne s’agit que d’un masque "grand public" au pouvoir protecteur limité. La référence aux masques a été aussi retirée de la fiche thématique personnels qui récapitule les consignes générales. Par contre il est ajouté que le port de gants "doit être évité".
Les masques devaient être portés obligatoirement durant les cours. Cela disparait, sauf en maternelle où ils sont toujours exigés. Ils apparaissent par contre
dans la cour de récréation et lors de l’entrée en classe, seuls moments où les enseignants doivent les porter.

- Le retour à la cantine

L’autre grand changement concerne la restauration. La première version recommandait la restauration dans la salle de classe. Maintenant c’est la cantine
qui est privilégiée ce qui ne manquera pas de poser des problèmes aux collectivités locales. Pourtant le nettoyage, qui leur incombe, a été allégé lui aussi :
Il n’est plus question de nettoyer régulièrement tables et chaises.
Il n’est plus question de désinfecter à chaque fois les objets que se passent les élèves.

En fait il n’est plus question d’exiger ce qu’on n’a pas les moyens de mettre en place !

La plupart des pays ont renoncé à faire rentrer les maternelles pour leur éviter une situation qui est intenable et qui ne peut que nuire à leur développement. L’Education nationale les fait rentrer en priorité …

- « La reprise sera une vraie rentrée »

« On veut éviter l’école garderie. Il va se passer des choses importantes sur les plans pédagogique et social en mai et juin ».

On imagine « les choses importantes » entre :

  • - plan de circulation à marche forcée,
  • - course au gel manquant,
  • - contrôle des mesures d’éloignement entre les élèves,
  • - maîtrise de la chaîne éternuement/lavabo/savon/séchage/retour balisé à sa place,
  • - discernement sur les confusions de matériel des uns et des autres,
  • - surveillance des récréations sous l’œil scrupuleux de certains parents prêts à se jeter sur leur téléphone pour avertir l’IEN des « défaillances » dans la surveillance…
  • - …
    Le ministre affecte de laisser au terrain le soin de définir la déclinaison de l’accueil des élèves, entretenant ainsi la fiction de la continuité pédagogique.

- La confiance ?

Sans relâche, depuis le début de son mandat, le ministre témoigne de sa confiance … en réservant ses annonces à la presse. Depuis le début, les enseignants sont juste
bons à appliquer les directives ; guides, fiches de tous genres, protocoles, enquêtes…exigeant leur obéissance et comptant fortement sur leur conscience professionnelle.

Il n’y a donc pas lieu de s’étonner quand, au début de l’année, les enseignants n’ont jamais cru un mot de leur ministre quand il leur annonçait, suite à la réforme des retraites, une revalorisation en milliards d’euros… qui n’aura jamais lieu.

« On leur demande désormais d’appliquer un protocole sanitaire et une circulaire de reprise relevant presque de la mission impossible, au sens où il faudrait oublier que les enfants sont des enfants et que l’acte d’enseigner implique une nécessaire proximité à l’école maternelle comme à l’école élémentaire. » (Café Pédagogique du 12 mai 2020)

Ainsi, si le grand mot est bien « On vous fait confiance »,
sa signification est en fait « Débrouillez-vous ».

- Rappel pratique  :

  • ASA pour enseignement à distance et garde d’enfants (cf.pj).
  • Signalement sécurité sanitaire et droit de retrait (cf pj article du 10 mai)
cale




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Voir en pièce-jointe la déclaration liminaire.


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