Rechercher sur le Site

Promesses...
Publié le 9 juin 2020 | snudi fo 68

- Promesses de JM Blanquer et questionnement

- Le management de la santé scolaire

- Les enseignants au travail ; le désert médical

- 2S2C (sport, santé, culture et civisme) : l’école externalisée

- Enseignement à distance

- Le directeur d’école supérieur hiérarchique

- A.S.A.

- Promesses :

JM Blanquer a promis aux familles qui le souhaitent que leurs enfants soient accueillis dans les écoles et établissements. Il a présenté la date du 2 juin comme celle de la véritable réouverture des écoles, collèges et lycées. Or le protocole sanitaire reste strictement en vigueur.
Partout, et encore plus en Ile-de-France, peu d’élèves pourront revenir en classe ou ce sera pour très peu de temps.

  • · Ainsi, il laisse les acteurs de terrain gérer l’écart entre sa promesse et les capacités d’accueil réelles des écoles et établissements. Il a l’habitude de décréter et nous de nous dépatouiller mais ça commence à sacrément cafouiller…
  • · Il laisse aussi les acteurs de terrain se débrouiller avec les élèves perdus de vue.
    Les parents sont-ils encore dupes de cette parole magique du ministre où personne au final n’est gagnant ?
    Pire, ses promesses semblent même conduire à un désordre organisé qui in fine laissera la porte ouverte à toutes les options que ce Ministre rêvait de mettre en œuvre avant la crise sanitaire et qui aujourd’hui se mettent en place comme nous allons le voir ci-dessous.

- Question :

Comment accueillir davantage d’élèves dans le cadre du protocole qui fixe des maximas dans l’accueil des élèves ?

  • · Il y a les 4 m² nécessaires par élève qui pour le ministère sont compatibles avec la présence de 15 élèves dans une salle de classe ordinaire.
  • · Mais en réalité la plupart des salles de classe ne peuvent pas accueillir dans le respect du protocole 15 élèves.
  • · Il y a aussi la capacité de nettoyage, opéré par le personnel de la collectivité locale ; le directeur ne peut ouvrir que les locaux « aux normes sanitaires »
  • · Par conséquent la seule marge de manœuvre des écoles est le roulement entre les élèves
  • · Concernant les "500 000" élèves qui restent sans lien avec l’école (on sait qu’ils sont nettement plus de 4% en zone prioritaire) JM Blanquer a évoqué la "mobilisation des assistantes sociales, des élus, des professeurs, des directeurs d’école" ; intéressant …mais comment et avec quels moyens ?
  • · Le ministre a promis aux familles qui le souhaitent que leurs enfants seraient accueillis.

Or des tensions apparaissent dans de nombreux endroits où des parents sont mécontents que l’école n’accueille pas leurs enfants. Les nouvelles conditions d’indemnisation du chômage n’arrangent rien. Avec cette promesse, JM Blanquer a dévié le mécontentement des parents, incités à interpeler les acteurs de terrain.

C’est comme d’habitude les « exécutants » qui essuient les plâtres et qui sont montrés du doigt pour leur mauvaise volonté, leur rigidité, …

Les belles paroles adressées durant le confinement aux enseignants seraient-elles déjà oubliées ?

- La période de bouleversement actuelle est prétexte à un nouveau management de la santé scolaire

· « Si la santé scolaire est loin d’atteindre les objectifs légaux en termes de visites des élèves, ce n’est pas par manque de moyens, estime la Cour des comptes. »

Pour faire bénéficier tous les élèves des visites légales, la Cour propose de créer des services départementaux de la santé scolaire confiés à des inspecteurs d’académie et de revoir le partage des tâches entre médecins et infirmiers.
C’est le retour à avant 2015, la santé scolaire se réduisant aux visites obligatoires au détriment du travail éducatif effectué en établissements.
Quelques chiffres :

· Le nombre d’infirmières a légèrement augmenté depuis 2013 passant de 7550 à 7889 (ETP, Emplois Temps Pleins).

· En moyenne, on est arrivé à un médecin scolaire pour 12 000 élèves (1000 médecins scolaires contre 1400 en 2006 !) et une infirmière scolaire pour 1560 élèves.

· La Cour précise que "... Le ministère dispose des emplois nécessaires pour recruter 30% supplémentaires de médecins".
Mais si les postes existent, le salaire et les conditions de travail font fuir les candidats.
Un moyen fort habile de dissuader les meilleures volontés tout en prétendant proposer des postes…
Il est vrai que pour certains, la crise sanitaire que nous traversons est déjà l’occasion rêvée d’imposer à ses salariés des baisses de rémunération de 10 à 20 % sur une période de 5 ans !
Donc, pourquoi envisager de revaloriser les salaires alors qu’il serait souhaitable que tout le monde accepte de travailler plus pour gagner moins ?

Entre les années scolaires 2013 et 2018, moins d’un enfant sur cinq bénéficie de la visite par le médecin scolaire de la 6ème année de l’enfant alors qu’elle est en principe universelle.
Dans le 93, le bilan à 4 ans, assuré en principe par la PMI, n’est plus assuré.

· Disparition de la médecine scolaire

Un rapport sur la situation de la médecine scolaire commandé en 2015 n’est toujours pas publié malgré les demandes des syndicats et des parlementaires.

· Vers la privatisation de la santé scolaire

Notons que la Cour des comptes ne s’intéresse nullement au contenu des visites obligatoires ; ce sont des visites de dépistages de troubles de santé mais aussi de troubles comportementaux et cognitifs. Seuls les médecins scolaires ont la formation et les connaissances pour faire ces dépistages.
Mais la Cour envisage d’y associer les médecins de ville ou les hospitaliers qui ne sont pas formés à ces dépistages. Du point de vue des infirmières, celles-ci craignent qu’avec leur transfert aux départements, elles ne quittent les établissements pour accompagner les médecins scolaires et les médecins des PMI dans les bilans de santé obligatoire en occultant leur rôle éducatif.

La privatisation de la médecine scolaire arrive à grands pas !

Rappelons que dans les quartiers populaires, la médecine scolaire est souvent la seule médecine accessible aux familles les plus pauvres.
Il n’est pas nécessaire de jouer les Cassandre pour se rendre compte que le monde d’après risque d’être encore plus inégalitaire que celui d’avant le Covid-19 !

- Les enseignants au travail ; le désert médical

· Pour suivre un million d’employés, le ministère de l’éducation nationale ne compte que 68 médecins (ETP), soit un pour 15 360 adultes.

· Les recrutements de médecins programmés ont bon dos quand les candidats abandonnent devant la charge de travail et le salaire dérisoire.

· On en arrive même au recrutement de médecins contractuels dans certaines académies !

Rappelons que la responsabilité pénale de l’employeur est engagée si le suivi des personnels est insuffisant !
Même si la notion de souffrance au travail est davantage exprimée aujourd’hui et qu’un protocole d’accord relatif à la prévention des risques psychosociaux
dans la fonction publique a été signé en 2013, la réalité reste très préoccupante ;
Ainsi, si les enseignants sont davantage informés aujourd’hui et peuvent accéder plus facilement au registre RSST (registre Santé et Sécurité au Travail),
ils constatent que les CHSCT sont évincés des instances décisionnelles ! Cela n’empêche pas le ministre d’adopter un discours (abondamment médiatisé)
de bienveillance et de confiance envers les personnels.

- 2S2C (sport, santé, culture et civisme) : l’école externalisée

Utilisé dans le cadre du déconfinement pour accueillir toujours plus élèves avec peu de professeurs, ce dispositif repose sur des activités conduites par des intervenants extérieurs embauchés par la municipalité. Et cela sur le temps scolaire, en lieu et place des cours.
L’État envisage de donner 110 €, par jour et par groupe de 15 élèves, aux communes qui souhaitent s’engager.
C’est l’externalisation des enseignements d’EPS, d’éducation musicale, d’arts plastiques…notre enseignement se réduisant aux matières dites « principales »
et pourquoi pas, nos fonctions s’élargissant vers d’autres missions ? C’est détruire ce qui fait la diversité et la richesse de la relation d’enseignement à l’école.

C’est aussi faire travailler en même temps (le fameux idéal macronien que le SNUDI FO ne cesse de dénoncer) deux types de salariés dans une même enceinte :
les enseignants d’un côté avec des exigences pédagogiques toujours plus lourdes et complexes pour coller aux exigences institutionnelles et de l’autre des animateurs !

Pour ceux qui ont déjà connu et mal vécu les TAP sous l’ère des rythmes scolaires de l’ancien gouvernement, voici une version encore plus piquante :
la simultanéité des genres !
L’école est-elle amenée à devenir un assemblage confus où au final les cours seront plus que jamais considérés comme rébarbatifs et contraignants ?
Comment pourra-t-on faire cohabiter « sereinement » deux métiers bien différents dans des endroits communs avec une multitude de personnes aux fonctions et missions différentes ?
Comment la différence de rémunération entre enseignants, AESH, ATSEM,…, et animateurs sera-t ’elle acceptée puisque tout le monde travaillera avec les « enfants » et non plus les élèves au même moment ?
Peut-être qu’avec la contractualisation et le recrutement local la solution d’un nivellement par le bas sera la clé pour faire taire tout velléité de revalorisation ???

Après tout, le ministère ne fait-il pas une campagne de « promotion » pour devenir professeur en s’adressant à un étudiant et en lui laissant le choix entre travailler chez Mac Do ou devenir prof… ?
Sur Konbini
Une campagne de "promotion" pour devenir professeur fait beaucoup parler d’elle sur les réseaux sociaux à la fois sur le fond et la forme.
Sur la forme, le ministère place sa publicité sur Konbini, un tabloïd créé par un ancien conseiller communication de N. Sarkozy, qui cible les jeunes.
JM Blanquer y a donné récemment une interview. Sur le fond, le ministère imagine un dialogue avec un étudiant où celui-ci a le choix entre travailler chez Mac Do
et devenir prof. Une dégradation du métier assumée et portée par l’institution dans une campagne de recrutement...

Le slogan « Chez Konbini tous les chemins mènent au bonheur. » et « Si si et quand on dit bonheur on parle d’une expérience pro enrichissante, qui enrichit aussi votre compte bancaire et qui déclenche des vocations ! » laisse sans voix…

-  Enseignement à distance
Le confinement imposé par le gouvernement a contraint les personnels à faire tout ce qu’ils pouvaient pour que les élèves, privés d’instruction, ne soient pas totalement coupés de l’institution scolaire. Mais tous disent que les classes virtuelles, les mails et le téléphone ne remplaceront jamais l’école. Les enseignants veulent retrouver leurs élèves pour leur délivrer un savoir.
Pourtant le gouvernement persiste dans sa volonté de s’appuyer sur cet enseignement dégradé et inégalitaire pour le déployer systématiquement dès la rentrée prochaine.
Le ministère de l’Education nationale n’hésite pas à relayer un sondage sur les prétendus bienfaits du télé-enseignement, sondage commandé par la Break Poverty Foundation, qui voit dans le désengagement de l’Etat l’opportunité de promouvoir des « offres » privatisées d’Education sous couvert de charité.
Durant le confinement, le télétravail pour enseigner à distance a fait la part belle aux sites éducatifs pour rendre plus ludiques les activités proposées.

A notre corps défendant, nous, enseignants, avons contribué à l’expansion de l’ère numérique (sans avoir eu de formation pour la plupart mais par conscience professionnelle viscérale qui a conduit plus d’un collègue à se surpasser pour être opérationnel) ! Cette transition forcée pour cause de confinement, nous rend à présent bien moins indispensables puisqu’après tout, durant plus de deux mois, beaucoup de familles se sont contentées de cours virtuels ! Pour les autres, …advienne que pourra ! Pour l’égalité des chances et l’ascenseur social on repassera !

-Le statut de directeur d’école supérieur hiérarchique

Il revient sur le devant de la scène à travers une proposition de loi qui établit un lien de subordination entre les directeurs et les municipalités, ce qui remettrait en cause le cadre national de l’école de la République et le statut de fonctionnaire d’Etat des professeurs des écoles, adjoints comme directeurs. Les postes à profil se multipliant, le mouvement ne sera bientôt plus qu’un lointain souvenir ! Faire allégeance va devenir la règle. On est de plus en plus loin de l’idéal républicain !
INDIVIDUALISME, MERITOCRATIE, INTÉRÊT PERSONNEL PREVALENT SUR L’INTERET COLLECTIF…

Seule l’action et la mobilisation pour une école juste et émancipatrice pourront faire barrage à cette politique régressive et inégalitaire !
Défendez cette vision en soutenant le SNUDI FO.

- A.S.A.

La FNEC FP-FO a posé au DGRH du ministère une question simple :
" est-ce que le dispositif d’ASA pour garde d’enfants sera maintenu après le 2 juin pour les personnels de l’Education nationale ? "

DGRH : " C’est encore à l’arbitrage interministériel. Le principe pour les fonctionnaires, c’est de se mettre en congés. Mais il y a le problème des enseignants qui ne peuvent pas déposer de congés... Je n’ai pas encore la réponse sur la façon dont ça va être appliqué à l’Education nationale."

DGRH : " Nous allons faire une communication très rapidement mais je ne peux pas vous dire quand."

Le 5 juin :

"Les personnels enseignants qui ne souhaitent pas confier leurs enfants à la crèche ou à l’école alors qu’ils en ont la possibilité et qui attestent sur l’honneur ne disposer d’aucune solution de garde alternative seront mobilisés, prioritairement et sous réserve des nécessités du service, par leur responsable hiérarchique pour la continuité pédagogique à distance assurée pour les élèves que leurs parents ont choisi ne pas confier à l’école."
Ainsi la nécessité du service peut-elle sérieusement restreindre le droit des parents-enseignants, parents « minorés »...

cale




Documents Liés
Communiqué FNEC FP FO Attaques contre l’école et l’université
PDF - 208.1 ko
Appel de la CEF 28 mai
PDF - 171 ko
Communiqué SNUDI FO Territorialisation
PDF - 1016.9 ko
RSST et droit de retrait rappels
Word - 15.2 ko
CTSD du 5 juin

Lors du CTSD du 5 juin, le SNUDI FO68 a pris la parole pour vous.
Voir en pièce-jointe la déclaration liminaire.


SPIP 3.2.7 [24473] habillé par le Snudi Fo