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NOUVEAUX PROGRAMMES EN MATERNELLE ?
Publié le 14 décembre 2020 | snudi fo 68

Après le classement catastrophique de La France en mathématiques* un nouveau programme est annoncé en maternelle modifiant en profondeur ses objectifs pour en faire un pré-CP !

https://www.education.gouv.fr/note-d-analyse-et-de-propositions-du-csp-sur-le-programme-d-enseignement-de-l-ecole-maternelle-307861 )

“La nouvelle école maternelle sera celle des fondamentaux, des évaluations nationales (de le PS à la GS), des listes de vocabulaire et surtout de la préparation de l’évaluation de CP. Car l’école maternelle sera axée sur la préparation à l’entrée en CP.”

“On ne trouvera donc dans la Note de définition du nouveau programme que le français, les maths et les sciences. Tout le reste disparait. L’école maternelle se recentre sur les fondamentaux.”

"Cela conduit le CSP à annoncer deux évaluations de tous les enfants une en petite section (PS) à 3 ans et une autre en grande section (GS) à 5 ans. Cette dernière vérifiera "l’acquisition à la fin de la GS".

Quel rapport entre les deux annonces ?

1 - La casse de l’école élémentaire première étape :

• Remplir la tête nos élèves de l’élémentaire à l’aide d’un entonnoir en réduisant les heures de mathématiques et de français tout en gardant les mêmes programmes puis ajouter en parallèle d’autres compétences, prouve que depuis 30 ans le problème est une question de dosage et de corrélation entre objectifs attendus et moyens pour y parvenir…

En mathématiques si la solution d’un problème est impossible n’admet-on pas qu’il y a une coquille dans l’énoncé ?

Donc qui est à blâmer ? Les élèves et leurs enseignants qui sont voués à l’échec car le problème est insoluble ou les donneurs d’ordres qui sont à l’origine des programmes et qui se cachent derrière nous et "notre incompétence" pour accomplir la sale besogne ?

Dorénavant, l’enseignant est soumis au carcan des parcours professionnels personnalisés, encadrés par l’injonction « d’exemplarité », il est réduit à un rôle d’agent d’exécution bien que l’acte même d’enseigner requiert la liberté de penser et d’adapter ses méthodes, ses contenus et ses ambitions aux besoins réels des élèves.
« La liberté pédagogique n’a jamais été l’anarchisme pédagogique », a déclaré JM Blanquer le jour où il a dévoilé plusieurs circulaires censées favoriser la bonne conduite des enseignants dans leurs classes… Ainsi, après sa fameuse phrase sur « l’anarchisme pédagogique », il poursuit en ses termes : « C’est d’ailleurs beaucoup plus sécurisant d’avancer à la lumière de ce que l’institution a défini, sur la base de la recherche. La clarté libère. »

L’enseignant, qui dans le cœur de son métier doit être à la fois autonome et responsable est désormais « libéré » par « la clarté » du chemin qu’on lui « suggère »…mais tout de même responsable !

• Réduire les postes d’enseignants depuis 2007 c’était mathématiquement augmenter le nombre d’élèves par classe suite au baby-boom de l’an 2000 !!!
• Rajouter à ce calcul fumeux la disparition des RASED, l’inclusion scolaire et des exigences basées sur des « études scientifiques » en ignorant l’expertise du terrain c’était prétendre résoudre une équation à trop d’inconnues !

La volonté perfide de flatter les parents en faisant de l’école un lieu de « bienveillance » a contribué à la fragiliser car l’objectif était tout autre...
Ces derniers ont appris que tout flatteur vit aux dépens de ceux qui l’écoutent et que les grands perdants dans cette gestion inique et faussement bienveillante sont leurs enfants confiés à une école publique exsangue dont les enseignants sont les derniers piliers !

(Toute ressemblance avec la crise que traverse l’hôpital public serait fortuite pourrions-nous dire si nous voulions enfoncer le clou et démontrer que le traitement qu’on impose aux services publics est pire que le mal puisqu’il les tue !)

Pourtant que n’ont-ils pas tenté pour se faire entendre ces nouveaux hussards de la République ?
De quoi n’ont-ils pas été accusés ? Incompétents, paresseux, corporatistes…

Au fil des décennies les mots n’ont jamais été aussi durs envers une profession savamment détricotée par sa hiérarchie et mise en pâture pour la discréditer…
Ces mêmes enseignants n’ont pourtant cessé de manifester pour dénoncer les faits tout en se dévouant pour limiter la casse, mais l’art de détourner l’attention de la société sur des sujets secondaires et montés en épingle a masqué leur voix !
On ne voyait d’eux que des nantis en oubliant que le cœur de leur métier c’était avant tout l’instruction des futurs citoyens !

« Quand on veut tuer son chien on l’accuse de la rage ! »

Ce n’est pas glorieux mais c’est efficace puisqu’aujourd’hui, non seulement l’école va mal mais en plus elle se contractualise pour faire ENCORE PLUS d’économies même si cela accentue les inégalités au lieu de les combattre…

Le constat est clair : On n’a jamais fait autant de « maths » au ministère ! En particulier des soustractions…mais pour les « mauvais » élèves français JM Blanquer a la solution : les mathématiques deviennent optionnelles dans le tronc commun au lycée ! Chercher l’erreur…

*La France est classée dernière au sein de l’UE pour les mathématiques dans le classement des CM1, selon l’enquête internationale TIMSS ...

2 – La casse de l’école maternelle, deuxième étape !

Tout enseignant sait plus que quiconque combien la progression d’un enfant est fluctuante notamment en petite section et combien la gestion de ses émotions et de sa fatigue lui prend énormément d’énergie…sans compter les répercussions du chômage de masse et de la crise sanitaire qui l’aggrave et dont les victimes muettes sont aussi les enfants témoins impuissants de la souffrance de leurs parents et de la précarisation de leurs vies ...
Est-ce cela qu’il faudra évaluer ou plus simplement faire semblant de cocher des cases chez ces élèves pour répondre aux exigences institutionnelles des évaluations en PS ???

Faire abstraction de la réalité humaine en sortant des courbes sur les capacités théoriques d’un enfant c’est vouloir démontrer quoi ? Que les enseignants sont mauvais parce qu’ils n’obtiennent pas les résultats attendus !? Que les élèves sont imperméables aux événements familiaux et qu’ils sont en capacité de faire la part des choses ?

Faire abstraction du besoin impérieux de beaucoup de faire encore la sieste à 3 ans en imposant l’école obligatoire est-ce objectivement humain et simplement acceptable ?

• Qui peut croire qu’en mettant les enfants de 3 ans à l’épreuve des évaluations pour mieux les faire progresser et les préparer à savoir quasiment lire en grande section est compatible avec la réalité dans des classes surchargées et hétérogènes à souhait ?
• Qui peut croire qu’en rendant l’école obligatoire dès la petite section tout en niant le gouffre qui peut séparer les élèves à ce moment de l’enfance (langage, propreté, besoin de sommeil) on peut d’un claquement de doigts changer la réalité parce qu’il en a été décidé ainsi par le biais d’études fumeuses et totalement hors sol ?
• Qui peut croire qu’à 25 voire 30 élèves sans une ATSEM par classe on peut satisfaire le besoin des élèves d’être correctement encadrés et respectés dans leurs besoins spécifiques qui sont à l’origine de l’école maternelle ?
• qui peut croire que lorsque papa et maman divorcent où que les familles se déchirent dans une situation économique catastrophique, l’enfant va bien ?
• Qui peut croire que l’inclusion dans des conditions inadaptées par pure économie permet de respecter qui que ce soit ?
• Qui peut croire qu’on peut remanier, parce que l’on change les programmes pour la énième fois, le processus d’évolution d’un enfant ?
• Qui peut croire que l’école obligatoire à 3 ans n’accentue pas la contribution au financement du privé ?

Cette école maternelle dont le but était jusqu’à présent de socialiser et de donner autant que faire se peut confiance à tous se transforme en un CP anticipé au mépris des capacités motrices et physiques des enfants de 3 à 6 ans mais aussi au mépris de ce besoin impératif d’apporter une stabilité rassurante à chaque petit dans sa spécificité.

Mettre dès le plus jeune âge un certain nombre d’entre eux en ÉCHEC est irresponsable et contreproductif et c’est une totale régression !

Tout enseignant de maternelle sait combien un élève peut s’ouvrir aux apprentissages après avoir été mis en confiance grâce à un enseignement respectueux de ses capacités dans leur globalité.

Désormais, l’école maternelle entraînera les élèves à marche forcée vers une école élémentaire contrainte à construire sur du sable… Introduire en maternelle des évaluations dès la petite section ce sera pour certains l’apprentissage du découragement et la mise en échec dès le plus jeune âge !

cale




Carte scolaire 2021 : préparer la rentrée de septembre

Carte scolaire 2021 : préparer la rentrée de septembre

Le ministère annonce 2489 créations de postes dans le 1er degré. Ces créations sont à relativiser au regard de la suppression de 1800 postes dans le 2nd degré. Il s’agit bien pour le ministre Blanquer de déshabiller Pierre pour habiller Paul.

Comment combler le manque de RASED, le manque de remplaçants, le manque de décharge de direction, le manque d’enseignants référents ?
Comment assurer le maintien des conditions acceptables d’enseignement dans des classes à moins de 25 élèves ?
Comment prévoir les ouvertures nécessaires et maintenir les écoles rurales ouvertes ?
Comment rattraper des années d’austérité ?

D’autre part, rappelons qu’à la rentrée 2021 :

– 600 postes seront consacrés à une amélioration (d’ailleurs insignifiante) des quotités de décharge de directeurs ;
– 900 postes seront consacrés à assurer les journées de décharge des directeurs d’écoles de 1 à 3 classes, qui dans de nombreux départements, n’existent que sur le papier

Rappelons que l’enveloppe ministérielle doit aussi permettre de dédoubler les classes de grande section en REP+.

Que restera-t-il pour faire baisser les effectifs dans toutes les classes de manière significative, pour assurer le remplacement des personnels en congés, pour renforcer les postes d’enseignants spécialisés au moment où l’inclusion scolaire systématique et à marche forcée continue ses ravages ?

Rappelons que depuis 3 ans, le ministre supprime des places au concours de recrutement de professeurs des écoles. Plus de postes donc, mais moins d’enseignants fonctionnaires…

(voir en pj les mesures du CTM et la déclaration liminaire de la FNEC FP-FO au CTMEN du 16 décembre 2020)


CTSD du 5 juin

Lors du CTSD du 5 juin, le SNUDI FO68 a pris la parole pour vous.
Voir en pièce-jointe la déclaration liminaire.


SPIP 3.2.7 [24473] habillé par le Snudi Fo