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LA DEGRINGOLADE DU POUVOIR D’ACHAT DES FONCTIONNAIRES !
Publié le 8 février 2021 | snudi fo 68

Dans le Statut général des Fonctionnaires, le traitement est calculé sur la base des points inscrits dans la grille.
Celle-ci est construite de manière à reconnaître les qualifications et permettre une évolution de carrières.
Quant à la valeur du point, elle mesure le pouvoir d’achat des fonctionnaires par rapport à l’inflation.
Dès que la valeur du point d’indice n’augmente pas autant que l’inflation, les fonctionnaires perdent du pouvoir d’achat.

Entre le 1er janvier 2000 et le 31 décembre 2020, l’inflation en France est de 33,3 %.
Aujourd’hui, pour retrouver la valeur réelle du point d’indice de janvier 2000 (en euros constants), il faudrait augmenter la valeur du point à hauteur de 20,79 %.

Pour les fonctionnaires, la perte est énorme, comme le montre les exemples du tableau ci-joint.

Augmentation de la retenue pour pension : un racket supplémentaire pour les fonctionnaires

Entre janvier 2011 et janvier 2020, la retenue pour pension civile (pour les fonctionnaires de l’Etat), ou la cotisation CNRACL (pour les fonctionnaires territoriaux et hospitaliers) est passée de 7,85 à 11,10 %. Cela diminue d’autant le traitement net des fonctionnaires et s’ajoute à la baisse de la valeur réelle du traitement brut.

Un arsenal de mesures contre le pouvoir d’achat

Pour le gouvernement, tous les moyens sont bons pour faire baisser la masse salariale des fonctionnaires.

C’est la raison pour laquelle il cherche à ralentir le déroulement des carrières en diminuant les ratios promus/promouvables qui permettent de déterminer le nombre d’agents qui accèdent au grade supérieur.

Enfin, le régime indemnitaire (RIFSEEP) complète cet arsenal de mesures contre le pouvoir d’achat des agents publics. Fondé sur le principe d’une rémunération au mérite, ce régime indemnitaire ne prévoit de réévaluation que tous les quatre ans ou en cas de changement de grade ou de fonctions. C’est donc le blocage du montant des indemnités.

Non au paquet salarial !

Lors du dernier rendez-vous salarial, le secrétaire d’Etat chargé de la Fonction publique, Olivier Dussopt, tout en refusant toute augmentation du point d’indice, a mis en avant l’augmentation de l’indemnité pour frais de déplacement et l’indemnité vélo !
Aujourd’hui, la ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, Amélie de Montchalin, n’envisage toujours pas d’augmentation du point d’indice, mais elle évoque la participation des employeurs publics à la protection sociale complémentaire des agents publics.

Deux poids, deux mesures :

En octobre 2019, la décision des questeurs — chargés de l’administration financière de l’Assemblée nationale — d’augmenter la dotation d’hébergement mensuelle des députés de 900 à 1.200 euros, avait suscité la polémique.
Un an et demi après, le collège des questeurs vient de récidiver en augmentant de 15 % la dotation matérielle des députés (DMD). Auparavant fixée à 18.950 euros annuel, celle-ci s’élève donc désormais à 21.700 euros ; cette mesure aura pour but de compenser les dépenses supplémentaires des députés (l’affranchissement, notamment) pour garder le contact avec les électeurs malgré la pandémie et serait compensée par des économies dont la nature n’a pas été précisée (comment ne pas songer au racket sur les fonctionnaires, évoqué dans le paragraphe précédent ?)

Dans les faits, cette augmentation ne sera « utile » que pour quelques dizaines de députés qui la consomment entièrement, voire dépassent le montant autorisé ; les gaspilleurs d’argent public seront désormais dans les clous !

C’est l’arbre qui cache la forêt !

Pour FO, les fonctionnaires doivent d’abord percevoir un traitement décent, ce qui suppose le rattrapage de la perte de pouvoir d’achat subie pendant les trop nombreuses années d’austérité qui viennent de s’écouler.

C’est la raison pour laquelle FO Fonction Publique exige 20 % d’augmentation immédiate de la valeur du point d’indice !

Voir le communiqué de FO en pièce jointe.

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Le ministère annonce 2489 créations de postes dans le 1er degré. Ces créations sont à relativiser au regard de la suppression de 1800 postes dans le 2nd degré. Il s’agit bien pour le ministre Blanquer de déshabiller Pierre pour habiller Paul.

Comment combler le manque de RASED, le manque de remplaçants, le manque de décharge de direction, le manque d’enseignants référents ?
Comment assurer le maintien des conditions acceptables d’enseignement dans des classes à moins de 25 élèves ?
Comment prévoir les ouvertures nécessaires et maintenir les écoles rurales ouvertes ?
Comment rattraper des années d’austérité ?

D’autre part, rappelons qu’à la rentrée 2021 :

– 600 postes seront consacrés à une amélioration (d’ailleurs insignifiante) des quotités de décharge de directeurs ;
– 900 postes seront consacrés à assurer les journées de décharge des directeurs d’écoles de 1 à 3 classes, qui dans de nombreux départements, n’existent que sur le papier

Rappelons que l’enveloppe ministérielle doit aussi permettre de dédoubler les classes de grande section en REP+.

Que restera-t-il pour faire baisser les effectifs dans toutes les classes de manière significative, pour assurer le remplacement des personnels en congés, pour renforcer les postes d’enseignants spécialisés au moment où l’inclusion scolaire systématique et à marche forcée continue ses ravages ?

Rappelons que depuis 3 ans, le ministre supprime des places au concours de recrutement de professeurs des écoles. Plus de postes donc, mais moins d’enseignants fonctionnaires…

(voir en pj les mesures du CTM et la déclaration liminaire de la FNEC FP-FO au CTMEN du 16 décembre 2020)


CTSD du 5 juin

Lors du CTSD du 5 juin, le SNUDI FO68 a pris la parole pour vous.
Voir en pièce-jointe la déclaration liminaire.


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