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L’École publique est à terre ; comment J.M. Blanquer veut-il « finir le travail » ?
Publié le 30 juin 2020 | snudi fo 68

AU PRÉALABLE, UN BON TERREAU EST NÉCESSAIRE …

1) Préparer le « terrain » : Geler les salaires, asphyxier les enseignants avec des tonnes d’injonctions si possible contradictoires, isoler les personnes en instaurant des parcours opaques et individualisés, saper le droit de grève, instaurer un jour de carence, réduire les postes, systématiser l’inclusion scolaire sans discernement, instaurer l’annualisation du temps de travail, limiter la liberté d’expression …

2) Porter l’estocade : Prendre une période anxiogène, par exemple une crise sanitaire majeure et, sous couvert d’un état d’urgence sanitaire, finir le travail !

…SUIVI D’UN DESHERBAGE RADICAL

  • Resserrer l’étau en instituant des directeurs/trices d’écoles supérieur/e/s hiérarchiques mais sous le joug d’un emploi fonctionnel (feuille de route tracée pour un poste précaire)

  • Offrir un pouvoir exorbitant aux communes, mandatées pour la mise en œuvre d’un protocole sanitaire national décliné localement : organisation de l’école avec “les moyens du bord” notamment en terme d’horaires et de fonctionnement, organisation soumise aux impératifs de nettoyage, de circulation des personnes, d’utilisation des locaux pour les 2S2C fonctionnant en même temps que l’enseignement avec un recrutement et des moyens accentuant les inégalités territoriales etc.

Résultat : en accentuant la territorialisation, notre hiérarchie se protège de tout risque juridique quel que soit l’infaisabilité voire l’absurdité de certaines règles édictées.

  • Briser le statut des fonctionnaires en recourant à des moyens radicaux : anéantir le paritarisme (fin du droit de regard et de l’expertise des organisations syndicales sur le mouvement et les carrières), étranglement des CHSCT, développement de PPCR à tous les niveaux avec la mise en concurrence des personnels.

Résultat : la loyauté de l’agent au service de l’état a muté en devoir d’allégeance au pouvoir en place.

  • Réduire l’enseignant à un exécuteur de prescriptions : évaluations nationales, statistiques, guides, méthodes estampillées, mise en place des 2S2C avec le resserrement des programmes vers les matières « essentielles », déploiement massif du numérique et de l’enseignement à distance…en s’appuyant sur les seules neurosciences axées sur le binôme « action/réaction », tout cela pour réduire voire anéantir la liberté pédagogique, indispensable à l’efficacité de l’action pédagogique. Les salaires des enseignants sont alors directement liés aux « performances des élèves » lors d’évaluations standardisées pendant que des primes masquent des fiches de paie insultantes !

…ET D’HERBICIDES PUISSANTS :

  • · Pour avoir les mains libres le Ministre a remplacé le Conseil National d’Évaluation du Système Scolaire (CNESCO) qui constituait un outil d’évaluation des politiques publiques d’Éducation indépendant du pouvoir par le Conseil Scientifique de l’Éducation, dont il nomme l’essentiel des membres et dont lui seul décide les objets d’étude et d’évaluation.
  • · Pour désengager l’État, JM Blanquer, avec le 2S2C limite l’enseignement aux savoirs prétendument fondamentaux et aggrave encore les inégalités scolaires et donc les inégalités sociales et celles liées aux territoires (2S2C “mur d’escalade et musées” ou 2S2C “jeux de ballons et coloriage”…)

  • · Pour stimuler la privatisation, les défaillances du service public (E-Primo et CNED), incapables de répondre dans le même temps à des millions d’utilisateurs, ont été un levier providentiel pour l’introduction systématique des GAFAM à l’école : « Tout est prêt ! » disait le ministre, culpabilisant les incapables qui n’y arrivaient pas ! Rien n’était prêt …sauf les plateformes mettant à disposition des logiciels (gratuits) prédateurs de liberté et avides de données privées ; un beau galop d’essai pour instaurer dans un second temps la surveillance des élèves, des enseignants et des pratiques ! La gratuité n’est pas gage de transparence et de générosité !... Le recours systématique au distanciel est un nouveau pas vers l’individualisation des apprentissages hors leurs dimensions sociales.
  • · Pour discréditer toute la profession, la stratégie suivie a été minutieusement planifiée par JM Blanquer : souffler le froid et le chaud, évoquer des maladresses sans reconnaître des propos totalement faux, laisser planer des doutes sur l’implication, la régularité, l’assiduité des enseignants tout en prétextant les défendre, laisser proliférer des petites phrases assassines …et se couronner lui-même champion de l’organisation de la continuité pédagogique ! De là à dire que ceux qui ne reconnaissent pas cette réussite sont des incompétents, des esprits chagrins, des spécimens archaïques, des “décrocheurs” !
    L’enseignant déjà isolé dans son parcours individuel doit être aussi en rupture avec les parents ; il s’est montré au mieux incompétent voire lâche face à la tâche qui lui incombait  : sauver l’école en ne comptant que sur lui-même !

L’heure n’est pas au défaitisme ou au fatalisme ; nous ne sommes pas face un phénomène “naturel”, un mouvement irréversible, un processus inéluctable... Accepter de baisser la tête en se disant “ça passera et ça ira mieux après” ou encore “je ne vais pas me faire remarquer pour un peu d’indulgence” ou “si j’accepte j’aurais droit à de la reconnaissance”, tout cela est vain, car il faudra toujours en faire davantage et souffrir plus pour gagner moins !

L’immobilisme est trompeur, il équivaut à un consentement !

Chacun de nous peut agir : s’informer de nos droits (car il en existe encore !), parler autour de nous, signer une pétition, faire grève, manifester dans la rue, …rejoindre un syndicat ! Comme l’hôpital, l’école n’est pas une marchandise ; elle n’est pas la propriété d’un ministre et d’un gouvernement, elle n’est pas au service des puissances de l’argent.

L’école, gage d’émancipation et ferment de solidarité, appartient à tous les citoyens qui méritent d’être traités également et dignement sur tout le territoire.

A l’issue du second tour des municipales dans le contexte que l’on connaît, un courant « vert » souffle sur la France.
C’est un vent d’espoir pour notre jeunesse sacrifiée sur l’autel de l’argent roi.
L’école doit elle aussi être plus que jamais porteuse d’avenir !

C’est à nous enseignants d’alerter sur les orientations de soumission rétrogrades et comptables prises au détour de la pandémie !
Ces orientations vont à contre-courant d’une société clairvoyante et participative où l’humain doit reprendre la main sur le financier pour sa survie et sa liberté de choix.

Le SNUDI FO 68 vous souhaite de bonnes vacances bien méritées !

Nous aurons besoin de beaucoup d’énergie dès la prochaine rentrée pour nous faire entendre et nous faire respecter dans un contexte de plus en plus contraint !

cale




CTSD du 5 juin

Lors du CTSD du 5 juin, le SNUDI FO68 a pris la parole pour vous.
Voir en pièce-jointe la déclaration liminaire.


SPIP 3.2.7 [24473] habillé par le Snudi Fo